7 questions à Yves Tourigny


Yves Tourigny

Yves Tourigny

Ce Canadien d’Ottawa qui nous a apporté entre autre «Blueprints», et tout dernièrement un de mes jeux favoris du moment: Expedition Northwest Passage au édition Matagot, fait parti des Game Artisans Canadiens. Créé en 2008, cette association   réunie des créateurs de jeux et des passionnés Canadiens travaillant ensemble pour le bien du Jeu au Canada mes pour nous tous dans le monde.

Yves est un créateur qu’il faudra surveiller de prêt car je vous garanti que nous entendrons parler de lui dans un future relativement proche.

Avant de découvrir les jeux d’Yves Tourigny, découvrons un peu le créateur de jeux avec ces 7 questions.

1- Quel âge aviez vous lorsque vous avez joué à votre premier jeu de société et qu’était-il?

«Je ne me souviens pas de l’âge que j’avais lorsque j’ai joué pour la première fois à un jeu de société. J’avais peut-être six ans? Au début, j’ai joué aux jeux traditionnels: des jeux de carte, les dames, serpents et échelles, les échecs, le backgammon, le mancala. Ensuite il y a eu des jeux grand marché: Sorry, Trouble, et ainsi de suite. J’ai eu la chance de jouer à plusieurs jeux européens (surtout du Ravensburger) à cet âge, aussi: Amazing Labyrinth, Sagaland, Grand Safari, Scotland Yard.

Plus vieux, j’ai découvert les grands jeux de conflits (Risk, Axis and Allies, Diplomacie) et, adulte, les jeux américains (Kremlin, Hackers, Arkham Horror – l’original, Illuminati). Finalement, après une pause de plusieurs années j’ai découvert les jeux contemporains, : Catane, puis Carcassonne, Ticket to Ride, et tout le reste dans les dix dernières années.»

2- Pourquoi et comment avez vous décidé de créer des jeux de sociétés?

«C’est un mode d’expression qui est à la fois artistique et scientifique, et ça me plaît énormément. J’aime beaucoup affronter des problèmes de logique et de mathématique, et dans la création de jeu on ne fait que ça. Pour tout phénomène que l’on peut observer dans notre monde il y a une structure mathématique sous-jacente que l’on peut décrire. Le jeu permet de s’amuser avec les formes épurées de ces structures, sans se soucier de la réalité. Je trouve le jeu très viscéral et très évocateur, lorsqu’il est réussi.»

3- Quel sont vos 3 jeux de société favoris et pourquoi?

«C’est une question à laquelle je pourrais trouver une réponse différente tous les jours. Faut-il distinguer entre le jeu et l’expérience de ce jeu? Il y a des jeux que j’admire énormément mais qui sont difficiles à jouer, parce qu’ils suscitent une expérience forte, ou parce qu’ils prennent très longtemps à jouer, ou les deux. Pour qu’un jeu soit favorisé, je crois qu’il faut qu’il soit accessible.

Ticket to Ride est un incontournable. On peut le jouer avec n’importe qui. Si un jour ma copie est détruite, je me le rachèterai (quoique ce soit vrai de tous les jeux que je mentionnerai ici). Je pourrais tout aussi bien répondre Thurn et Taxis, Transamerica, 10 Days in Africa, ou autres jeux de réseau et d’initiative. 

 Can’t Stop est un jeu épuré, parfait. Encore une fois, c’est un jeu très accessible, et c’est une marque de succès à mon avis. Un autre jour, je répondrais peut-être Code 777, Lost Cities, Coloretto, Pick a Dog, For Sale, Hanabi, ou Love Letter à la place.

Biblios est un jeu où chaque décision est importante. On retrouve juste assez de thème pour comprendre le jeu, et l’impact de chaque action. Je le remplacerais une autre fois par King of Tokyo, Finca, Mondo, Rattus, ou autres. 

Je n’ai pas mentionné de gros jeux (de « vrai » jeu, me dira-t-on), avec un thème plus fort. Il y en a pourtant que j’aime, voir même que j’aime beaucoup: Troyes, Pergamon, Agricola, Last Will, Glory to Rome, Eminent Domain, Brass.

J’aurais eu tout autant de difficulté à cerner les trois chansons que je préfère. Je ne crois pas que c’est possible d’y répondre honnêtement, puisque l’humeur du jour joue un rôle dans mes préférences.»

4- Pour vous quel est la meilleur combinaison pour un jeu à succès?

«Il faut tout d’abord se demander comment définir « un jeu à succès ». Est-ce un jeu qui fait un bon chiffre de vente? Un jeu qui remporte une distinction? Un jeu bien connu du grand public? Un jeu bien coté chez les passionnés? Chaque critère a des caractéristiques qui lui sont propre.

À mon avis, le succès d’un jeu dépend de ses qualités intrinsèques, qui sont ultimement la responsabilité de l’auteur, et de facteurs extrinsèques, hors du contrôle de l’auteur. Il y a de bons jeux qui ne trouveront pas le succès qu’ils méritent. Par contre, il y a peu de jeux mauvais qui trouvent du succès (mis à part le critère « connu du grand public »).»

5- Comment procédez pour créer un jeu?

«Chaque jeu est différent, toutefois je commence souvent par une idée que je veux réaliser. Souvent cette idée est un thème; parfois, il s’agit d’une mécanique, ou d’un aspect physique du jeu. Je vais ensuite explorer cette idée en me fixant des contraintes puisque, paradoxalement ces contraintes vont souvent mener à des idées plus créatives.

Je procède systématiquement à la description mathématique des idées: je fais des listes, des diagrammes, des calculs. Je vais m’imaginer le déroulement d’une partie, pour identifier tous les éléments qui seront nécessaires. Contrairement à certains de mes collègues, qui vont parfois tester des idées de mécanique sans contexte (et ce n’est pas du tout une mauvaise façon de fonctionner), je prend du recul et je regarde le jeu dans son ensemble. Je veux voir, dans mon esprit, la montre, que je déconstruirai ensuite pour retrouver tous les ressorts, les engrenages, les vis, et les aiguilles.

Une fois tous les éléments préparés j’essaie le jeu. Seul, initialement, puis avec mes collègues. On valide, on questionne, on élimine, on ajoute, ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, ce qui est inutile, et ce qui est intéressant. Si le projet est toujours viable, je retourne au paragraphe deux.»

6- Quel conseils donneriez vous à quelqu’un souhaitant créer un jeu de société?

«Trouvez-vous des collègues honnêtes. Je travaille au sein d’un regroupement d’auteurs canadiens, les Game Artisans of Canada (www.gameartisans.ca). Localement, je rencontre mes collègues à chaque semaine pour bosser sur des jeux. On joue, on critique, on discute. Avec les autres chapitres du groupe on fait des échanges de prototypes, on s’entraide avec la rédaction, avec le graphisme, etc.

Le piège le plus sournois pour les nouveaux auteurs, ce sont les tests. La famille, les amis, et les joueurs des regroupements locaux ont plutôt tendance à vouloir épargner l’ego du nouveau créateur. La validité des commentaires est douteuse.Il est difficile de critiquer un jeu, et bougrement plus lorsque l’auteur est à table avec nous et que c’est un copain. 

Quand le jeu ne fonctionne tout simplement pas, c’est évident, et la critique n’est généralement pas nécessaire. Elle est plus difficile à donner (et à entendre) quand le jeu fonctionne, mais qu’il n’est tout simplement pas intéressant. Il y a une surabondance de jeux corrects sur le marché.

Au final, je suggère à ceux qui veulent créer un jeu de société de le faire uniquement si ils trouvent l’exercice créatif enrichissant. L’effort nécessaire pour créer un jeu est minuscule comparé à l’effort nécessaire pour le valider, pour le placer chez un éditeur, et pour assurer son succès (si une telle chose est possible).»

7- Pourriez vous nous donner une petite information sur votre prochain projet?

« Je n’ai pas UN prochain projet mais bien plusieurs prochains projets. 

Je suis représenté dans tous mes projets par Forgenext, une entreprise française. Ils ont plusieurs de mes jeux en agence, et il s’agit maintenant de trouver le bon éditeur pour chacun. Je m’attaque principalement à des jeux ni trop lourds, ni trop longs, avec une forte mécanique et un thème cohérent. »

Merci à Mr Tourigny d’avoir répondu en détail aux 7 questions à. Pour en savoir plus je vous invite à visiter ce site: http://matagot.com/spip.php?page=pageproduitauteur&id_rubrique=235&id_mot=195&produit=235&lang=fr

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s