7 questions à Frédéric Delporte

Frédéric Delporte
Frédéric Delporte

 

Pendant mes visites dans les differents evenements ludiques comme Spielwarenmesse a Nuremberg, Le festival international du jeu a Cannes ou encore Ludinord a Lille, j’ai eu la chance de rencrontrer beaucoup de personnes du monde du jeu et en particulier un duo belge tres sympathique: Etienne Espreman et Frederic Delporte.

Ces deux comperes faisaient tourner un proto sur le theme du fameux salon d’Essen en Allemagne. La Meca du jeu en Europe.

Etienne, le createur de Bruxelles 1983 a deja repondu aux 7 questions  et c’est donc au tour de Frederic de repondre.

En petit rappel, Essen the Game ne sera disponible que sur Kickstarter!! Alors depechez-vous avant qu’il ne soit trop tard car en plus votre serviteur ce trouve sur la boite !!

1. Quel âge aviez-vous lorsque vous avez joué à votre premier jeu de société et qu’était-il ?

De mémoire, la première fois que j’ai dévié du jeu traditionnel, je devais avoir 13 ans. C’était en fin d’année scolaire. Un club de jeu (OST – L’Ordre des Simulateurs Tournaisiens) est venu à l’école pour présenter ses activités à savoir une journée hebdomadaire dédiée aux jeux de plateau et aux jeux de rôles. Lors de cette première rencontre j’ai découvert Talisman et D&D. Ce fut le coup de foudre. Résultat, 27 ans plus tard, me voilà en train de créer mon premier jeu.

2. Pourquoi et comment avez-vous décidé de créer des jeux de sociétés ?

Tout a débuté en 2010 par un délire lors du salon d’Essen. A un moment j’ai lancé en l’air l’idée d’un jeu sur le Spiel et durant les jours qui ont suivi, au fur et à mesure du salon, on transposait tout ce qu’on faisait en action de jeu. Puis on est rentré à Bruxelles et l’idée est tombée aux oubliettes. L’idée est revenue systématiquement lors des Spiel 2011 et 2012 mais n’est jamais allée plus loin. Le déclencheur fut la signature du contrat d’Etienne pour Bruxelles 1893 avec Pearl Games. Deux fois par an, j’organise avec mon association un week-end jeux pour une quarantaine d’amis. Lors du week-end de mai 2013, Etienne m’a annoncé tout heureux qu’il venait de signer son contrat. Et là je me suis dit, pourquoi pas moi. Sur le trajet du retour j’ai expliqué à Etienne mon idée, qui à l’époque était plus un thème qu’une mécanique. L’idée l’a séduit, on s’est donné RDV dans la semaine qui a suivi et nous voilà un an plus tard avec ESSEN The game, prêt pour le lancement de notre première campagne Kickstarter.

3. Quel sont vos 3 jeux de société favoris et pourquoi ?

Faut bien avouer que ça dépend du moment et des personnes avec lesquelles je joue mais s’il faut en donner trois, mon tiercé serait Agricola, Terra Mystica et Last Will. En numéro complémentaire je mettrai Looping Louis … que de folles nuits de plaisirs, rien de tel pour finir une soirée après des jeux bien lourds.

4. Pour vous quelle est la meilleure combinaison pour un jeu à succès ?

Le thème, la rejouabilité et le plaisir de jeu. J’aime aussi quand çà bouscule les neurones .

5. Comment avez-vous procédez pour créer un jeu ?

ESSEN The Game est mon premier développement de jeu donc je n’ai pas beaucoup de recul pour en parler. Dans ce cas bien précis, le fil conducteur du développement a été le thème. Nous avons adapté les mécanismes pour rendre l’expérience du Spiel la plus réaliste possible. Au début on a intégré toutes les idées et anecdotes, tant les nôtres que celles des nombreux testeurs de ce jeux. Le résultat était une usine à gaz, le jeu se jouait en près de 3 heures. Puis progressivement nous avons élagué tout en gardant le cœur du jeu pour l’amener à sa taille actuelle de bonzaï. Un jeu mécaniquement simple mais où de vrais choix stratégiques s’offrent aux joueurs. ESSEN The Game est un des jeux les plus thématiques que je connaisse.

6. Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un souhaitant créer un jeu ?

En vrac : écoutez les autres mais restez fidèle à votre projet, ne pas s’accrocher trop vite aux apparentes bonnes idées, beaucoup de persévérance, un esprit critique, ne pas gardez le prototype trop longtemps en circuit fermé (rien de tel que l’avis éclairé d’une personne que vous ne connaissez pas) … et la liste pourrait être longue mais je vais moi-même devoir digérer cette année de développement pour en tirer des enseignements et trouver une méthodologie de travail.

7. Pourriez-vous nous donner une petite information sur votre prochain projet ?

A ce stade c’est trop tôt pour parler de projets concrets mais on a dans le tiroir un jeu de carte, un jeu sur un thème médiéval fantastique, la mécanique initial d’ESSEN The Game que nous aimerions adapter car très prometteuse, la version 2014 du Spiel … Que du plaisir en perspectif.

Merci Frederic pour avoir repondu aux 7 questions. Pour en savoir plus sur Essen the Game: https://www.facebook.com/ESSEN.the.game

Et voici le lien du Kickaster pour vous procurer ce jeu! https://www.kickstarter.com/projects/670498880/essen-the-game

Essen the Game
Essen the Game

 

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7 questions à Pierre Burtel

 

Pierre Burtel
Pierre Burtel

Aujourd’hui j’ai posé les 7 questions à une personnes qui porte 2 chapeaux dans le monde du jeu. Le premier est celui de créateur de jeux et le second est d’éditeur de jeux. Ce père de famille qui vit et travaille à Paris dans l’immobilier, a créé des jeux pour les plus jeunes d’entre nous mais pas uniquement et il s’est autoédité ce qui n’est pas toujours facile.

C’est Pierre Burtel que j’ai eu la chance de rencontrer au Spielwarenmesse 2014 de Nuremberg et au festival des jeux de Cannes. il est le manager des éditions Rosebud et le créateur de Smart Memo, un mémory game à partir de 5 ans. Biduletruc un jeu d’association de mots et bien sûr, Puzzle Battle, un jeu de bataille de puzzle de 5 à 95 ans qui donne une dimension ludique à l’assemblage d’un puzzle et surtout qui permet une interaction entre les joueurs. Un jeu idéale pour ceux qui aiment les puzzle et qui peut faire jouer toute la famille ! Pierre a même créé des version surdimensionnées pour les associations ou écoles.

Nouvelle boite de Puzzle Battle
Nouvelle boite de Puzzle Battle

Voici donc les 7 questions à Pierre Burtel.

1 – Quel âge aviez-vous lorsque vous avez joué à votre premier jeu de société et qu’était-il ?

« Je pense que c’était le Mille Bornes, mais je ne me souviens plus quel âge j’avais exactement… peut-être 7 ou 8 ans. »

2 – Pourquoi et comment avez-vous décidé de créer des jeux ?

« J’étais créatif en agence de publicité et de marketing services. Je me suis dit que je pouvais peut-être mettre en forme par moi-même mes idées. Les jeux se sont imposés à moi. Je ne me suis pas dit ‘je vais créer des jeux’, j’ai eu des idées que j’ai concrétisé mais elles sont venues comme ça, par hasard. »

3 – Quel sont vos 3 jeux de société favoris et pourquoi ?

« Zombicide, Citadelles et l’Ile Interdite. Zombicide : la première fois que j’ai joué, cela a duré 3 heures et je n’ai pas vu le temps passer. Citadelles : j’ai un fils de 7 ans qui me harcèle pour y jouer. L ‘Ile Interdite pour le côté purement coopératif et en même temps ce jeu est tellement d’actualité que si cela peut faire réfléchir les personnes qui y jouent et s’il arrive à sensibiliser les plus jeunes sur le dérèglement climatique, là on dépasse le rôle premier d’un jeu et c’est ça qui le rend fort. »

 

4 – Pour vous quelle est la meilleure combinaison pour créer un jeu à succès ?

« Je ne sais pas. On ne sait pas ce qui va faire le succès d’un jeu et d’abord, qu’est-ce qu’un jeu à succès ? Un jeu qui va être réimprimé 2 ou 3 fois et vendu à 6000 ex les 6 premiers mois ? Un jeu qui va s’inscrire dans le temps ? Un jeu intergénérationnel ? Un jeu traduit en 18 langues ? Et puis, ça dépend d’abord de la cible ! »

5 – Comment procédez pour créer un jeu ?

« Je fais des prototypes que je teste avec des enfants de 5 à 12 ans, et avec des parents. Un jeu, c’est comme un message publicitaire, il faut une idée simple, directe, éliminer tout ce qui vient polluer l’idée maîtresse. C’est ce qui est le plus difficile en fait. »

6 – Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un souhaitant créer un jeu ?

« Ne pas vouloir gagner de l’argent avec. »

7 – Pourriez-vous nous donner une petite information sur votre prochain projet ?

« En fait, j’ai beaucoup investi sur le jeu Puzzle Battle. Il existe aujourd’hui une version pour les collectivités, une version boutiques spécialisées (France, Belgique, Italie). Une version surdimensionnée présente dans une centaine de ludothèques. La nouveauté, c’est la version américaine développée par Blue Orange, présentée au salon Astratoy de Phoenix Arizona (8-11 juin). La boîte est en métal couleur or, découpée en forme de couronne, avec du relief. C’est la même règle, le même nom et le même logo qu’en Europe. Les illustrations sont plus cartoon et superbement réalisées par Cyril Bouquet. Cela fait qu’elle ne ressemble plus du tout à une boîte de puzzle, mais elle devient en plus un objet décoratif. Blue Orange a choisi de prendre plus de temps pour développer la boîte qui devait être présentée à la Toyfair de New-York. J’espère que le résultat sera à la hauteur de l’investissement. »

Merci Pierre d’avoir répondu aux 7 questions. Pour plus d’information sur Pierre Burtel et les éditions Rosebud : http://www.editions-rosebud.com/

editions-rosebud-logo

 

June 6 1944 D Day, June 6 2014

D DAY 70 banner

Today June 6, 2014, we remember and commemorate the Allied landings on the beaches of Normandy. At 6:30, 70 years ago, thousands of young people have landed on the beaches Code Names: Gold, Sword, Juno, Omaha, Utah, preceded by thousands of Allied troops parachuted overnight behind German lines and the work of the French resistance. Opposite stood young people as part of the German troops and in the middle French civilians.

Today marks the beginning of the liberation of Europe.

For me, the memory of that day is of great importance on several levels. I am Normand and stories of war, liberation and post-liberation rocked my childhood and part of my family history as all the Normans of my age. Also, my wife is American and in 1999, I made a donation for the construction of the National World War II Memorial in Washington as a small token of my gratitude for the ultimate sacrifice of all these young people.

DDay prep

In the world of games, this event was of course was used, narrated, illustrated several times and I will mention just a few. Those games, even if they are games can be today or any day, used to remember and explain, tell this history to the youngest among us. We must never forget this day.

In games that have for subject this day and period, here are the ones I retained but there are many other:

Memoir 44, and a special expansion « D-Day Landings » that just came out.

Combat Comander Europe with its extension Battle Pack # 3 Normandy.

D-Day Dice.

Axis and Allies.

And today released a great new game on this theme: Heroes of Normandy and a special expansion « D-Day Scenario Pack. »

There are a lot of War game of course like Battlefront, Flames of War among others that will allow lolders to « relive » that day.

Therefore on this day, play to remember and to not forget this June 6, 1944 and thus start a conversation with the younger about these events.

HoN DDayddaydice

6 Juin 1944 Jour J, 6 juin 2014,

D DAY 70 banner

Aujourd’hui 6 juin 2014, nous nous souvenons et commémorons le débarquement des alliés sur les plages de Normandie. A 6:30, il y a 70 ans, des milliers de jeunes gens ont débarqué sur les plages aux noms de code : Gold, Sword, Juno , Omaha, Utah, précédés pendant la nuit par le parachutage de milliers de troupes alliés derrières les lignes allemandes ainsi que le travail de la résistance française. En face, se tenaient d’autres jeunes gens faisant partie des troupes allemandes et au milieu les civils français.

Ce jour marque le début de la libération de l’Europe.

Pour moi, le souvenir de ce jour est d’une grande importance à plusieurs niveaux. Je suis Normand et les histoires de la guerre, de la libération et de l’après libération ont bercé mon enfance et font partie de l’histoire de ma famille comme tous les Normands de mon âge. De plus ma femme est américaine et en 1999, j’ai fait une donation pour la construction du National World War II Memorial à Washington comme un petit témoignage de ma reconnaissance pour le sacrifice ultime de tous ces jeunes gens.

DDay prep

Dans le monde ludique cet évènement a bien sur était utilisé, raconté, illustré à plusieurs reprises et je vais en citer quelque un. Ces jeux, même si ils sont des jeux, peuvent être en ce jour ou à n’importe quel jour, utilisé pour ce souvenir et pour expliquer, raconter cette Histoire aux plus jeunes d’entre nous. Nous ne devons jamais oublier ce jour.

Dans les jeux qui représente ce jour et cette période, voici ceux que j’ai retenu mais il y en a beaucoup d’autre :

Mémoire 44, et une expansion spéciale « D-Day Landings » qui vient de sortir.

Combat Comander Europe avec son extension Battle Pack #3 Normandy.

D-Day Dice.

Axis and Allies.

Et aujourd’hui sort un très bon nouveau jeu sur ce thème : Heroes of Normandie et une expansion spéciale « D-Day scénario Pack ».

Il existe énormément de War game bien sûr comme Battlefront ou Flames of War entre autre qui permettront aux plus grands de « revivre » ce jour.

Donc en ce jour, jouer pour vous souvenir et pour ne pas oublier ce 6 Juin 1944 et ainsi commencer un sujet de conversation avec les plus jeunes sur ces évènements.

HoN DDayddaydice

7 questions for Farid Ben Salem, game design teacher

Farid Ben Salem
Farid Ben Salem. Carré & Kawaii Photographie

In the game world, I interviewed game designers, illustrators, publishers, etc … But never yet somebody who teaches game design! Today is Farid Ben Salem who answers the 7 questions.

This father from Paris is a jack of all trades. He is: fencing-master, project manager, editor for Casus Beli and Ravage magazines, inventor, game designer (SpellShot a successful hybrid game published by Hasbro in North America), he also worked on rewriting Detective Council for Ystari. As I mentioned earlier, Farid teaches game design, games and gamification at Sciences Po, E-artsup, Paris 8 and Paris 3 universities. And if that were not enough, Farid is also a presenter on WebTV GameStars! All this to serve his purpose: « to promote the game at the world’s largest and virtues of the game. »

Without waiting here are 7 questions for Farid Ben Salem.

1 . How old were you when you played your first board game and what was it ?

« In fact, besides the big classics, I create a lot of games or copy games before playing. Because I had a very strict father, for who only school and conservatory were important I had few toys and games. So, when I was playing a game with a friend, I went home, I hastened to recreate it from my vague memories with paper, tape and pencils. I even created a cardboard pinball my comrades worshiped. The first real game I played, for me, is D & D, a  real slap discovered in Games & Strategy at the time. The first games were stressful and chaotic but it was a good lesson for the future. « 

2 . How and why did you decide to teach game development company ?

« In fact, I teach fencing for over 20 years with children and adults, and I was regularly training because of my oldest professions in the private sector. Suddenly, one of my students in fencing , responsible for licensing in P8 university, was seeking new vectors for students in information science and communication , he asked me if I felt to teach games creation to youth with my background . I obviously jumped at the chance and it was a first successful experience. 30 students gave me as year-end project board games proto. while they knew nothing about it at first. Apart video games. I was amazed . thereafter , I had different applications in great schools and universities. I also animated workshop with and for professionals . « 

3 . What are your favorite games company and why ?

« So I mostly like what we call American style games (ameritrash), I’m more in the mood and the immersion than in the calculation. Undoubtedly, the first is Battlestar Galactica board game from FFG. Never seen a transcript as pleasant and also true of a TV show. Each game is tense and it is possible to interpret the character that you play. In second place, I will choose RuneAge, also from FFG, because it is a deck building, I am a fan of this type of games, but that Corey Konieczka (I burn a candle on behalf of Corey saint, the saint of the game designer, every Sunday) was able to make a themed game, immersive and scripted. and always with FFG, sorry, role playing game Edge of the Empire, a technical marvel, the Rolls-Royce of RPG. « 

4 . For you what is the best combination for a successful game ?

« Either you decide to make a public game, which can affect all classes, all ages, and is easy to access, or you touch a specific public of gamers, or type of gamers, with their corresponding mechanisms . In both cases it is not easy, especially if you’re looking to make money with. The main thing is not to lose some. The approach is different and vectors of distribution are not the same. For me, the creation of a good game is the game that you want for yourself. Working on a command is never easy. I work on games that relate to both publics and the pleasure is different. « 

5 . How do you proceed to create a game ?

« The ideal is to have on hand a few “guinea pigs”, which will be helpful when you have one or more game mechanical ideas. It is essential to have tools and basic materials that will allow you to set up quickly a proto that you will show to your “guinea pigs” and start playing even if it has nothing written, nothing drawn. This allows for a visual representation of what may be the game . The concern is that ideas often arrive around 3am at night, or it makes you cogitate and you make the effort to take notes or you’re too tired hoping you remember them in the morning. Thereafter I’m making a more important proto, retrieving images on the net, and I tweak on InDesign and Illustrator.”

6 . What advice would you give to someone wishing to create a game ?

« Above all, I speak for young people, have a steady income that allows you a peace of mind. Because a game, if it works, will allow you in most cases, to pay for a weekend off or may be some vacation. Otherwise, I would advise you to create multiple games and rotate them in the game conventions, to test them in all directions hundreds of times. This is to get the maximum return and come up with a great product from publishers. « 

7 . Could you give us some information on your next project ?

« In fact, I have several ongoing projects and even some who are terminated, a board game that I have already presented to Volumiques Editions, 2 hybrid games that have already received CNC grants, a party game, a Role Playing Game from a license and the reissue of an old RPG, among other things. « 

Thank you Farid to spread the « good news » of the game and for answering the 7 questions.

Here are some links to learn more about Farid including a link on the WebTV shows about games (in French) : http://www.dailymotion.com/fr/relevance/search/gamestars/1

A paper for the U.S. vice president on violence in games (in French) :http://www.gaite-lyrique.net/gaitelive/la-violence-dans-les-jeux-vs-les-violences-dans-le-interview

And finally a video on the future of games  (in French) : http://gamelier.org/farid-ben-salem-on-the-future-of-tangible-games/

Spellshot

7 questions à Farid Ben Salem

Farid Ben Salem
Farid Ben Salem. Carré & Kawaii Photographie

Dans le monde du jeu, j’ai interrogé des créateurs de jeux, des illustrateurs, des éditeurs, etc… Mais jamais encore de personnes qui enseigne le jeu! Aujourd’hui c’est Farid Ben Salem qui répond aux 7 questions.

Ce père de famille de Paris est un touche à tout. Il est : maitre d’armes, chef de projets, rédacteur pour les magasines Casus Beli et Ravage, inventeur, créateur de jeu ( SpellShot, un jeu hybride à succès édité par Hasbro en Amérique du Nord), il a aussi travaillé sur la réécriture de Détective Conseil pour Ystari. Comme je le mentionné précédemment, Farid est enseignant en game design, jeux de table et gamification à Sciences Po, E-ArtSup, Paris 8 et Paris 3. Et si cela ne suffisait pas, Farid est également présentateur sur la WebTV GameStars! Tout cela pour desservir son objectif : “faire connaître le jeu au plus grand monde et les vertus du jeu”.

Sans attendre voici les 7 questions à Farid Ben Salem.

1. Quel âge aviez-vous lorsque vous avez joué à votre premier jeu de société et qu’était-il ?

« En fait, sans compter les très grands classiques, j’ai beaucoup créer de jeux ou recopier des jeux avant d’y jouer. Du fait que j’avais un père très sévère, pour qui seuls l’école et le conservatoire étaient importants, j’ai eu peu de jeux et jouets. Du coup, lorsque je jouais à un jeu chez un ami, rentré à la maison je m’empressais de le recréer d’après mes vagues souvenirs avec du papier, du scotch et des crayons. J’ai même créé un flipper en carton que mes camarades adoraient. Le premier vrai jeu auquel j’ai joué, pour moi, est D&D. Une vraie gifle, découvert dans Jeux et Stratégie à l’époque. Les premières parties furent éprouvantes et chaotiques mais ce fut une bonne leçon pour la suite. »

2. Pourquoi et comment avez-vous décidé de d’enseigner la création de jeux de sociétés ?

« En fait, j’enseigne l’escrime depuis plus de 20 ans auprès des enfants et des adultes, et je faisais régulièrement de la formation de par mes anciennes professions dans le privé. Du coup, un de mes élèves à l’escrime, responsable des licences à P8 qui cherchaient de nouveaux vecteurs pour les étudiants en sciences de l’information et de la communication, m’a demandé si je me sentais d’enseigner la création de jeux de société auprès des jeunes de par mon background. J’ai évidemment sauté sur l’occasion et ce fut une première expérience concluante. 30 élèves m’ont remis comme projet de fin d’année des proto. de jeux de plateau alors qu’ils n’y connaissaient rien au départ. A part les jeux vidéo. J’ai été bluffé. Par la suite, j’ai eu différentes demandes dans des grandes écoles et des universités. Voire l’animation de workshop auprès de professionnels. »

3. Quel sont vos 3 jeux de société favoris et pourquoi ?

« Alors je suis plutôt jeux dits à l’américaine, je suis plus dans l’ambiance et l’immersion que dans le calcul. Sans conteste, le premier est BattleStar Galactica le jeu de plateau de FFG. Jamais vu une retranscription aussi plaisante et aussi fidèle d’une série. Chaque partie est tendue et il est possible d’interpréter le personnage que l’on joue. En deuxième position, je mettrai RuneAge, encore de chez FFG, parce que c’est un deck building, je suis fan de ce type de jeux, mais que Corey Konieczka (je brûle un cierge au nom de saint Corey, le saint des game designer, tous les dimanches) a su en faire un jeu à thème, immersif et scénarisé. Et toujours chez FFG, désolé, le jeu de rôle Edge of the Empire, une merveille de technique ludique, la Rolls-Royce du JDR. »

4. Pour vous quelle est la meilleure combinaison pour un jeu à succès ?

« Soit vous décidez de faire un jeu grand public, qui peut toucher toutes les classes, tous les âges, et est facile d’accès, soit vous touchez un public niche de gamers, ou un type de gamers, avec des mécanismes qui leurs correspondent. Dans les 2 cas, ce n’est pas évident, surtout si on cherche à gagner de l’argent avec. Le principal étant de ne pas en perdre. L’approche est différente et les vecteurs de distribution ne sont pas les mêmes. Pour moi, le bon jeu à créer est le jeu qui donne envie à soi-même. Bosser sur une commande n’est jamais évident. Je bosse sur des jeux qui concernent les 2 publics et le plaisir est différent. »

5. Comment procédez pour créer un jeu ?

« L’idéal est d’avoir sous la main quelques cobayes, qui vont vous être utiles dès que vous avec des idées sur une ou des mécaniques. Il est indispensable d’avoir les outils et matériaux de base qui vont vous permettre de mettre en place très vite un proto à blanc que vous allez déployer devant vos cobayes et de commencer à jouer même s’il n’a rien d’écrit, rien de dessiné. Cela permet d’avoir une représentation visuelle de ce que peut être le jeu. Le soucis est que les idées arrivent souvent vers 3h du matin en pleine nuit, soit cela vous fait cogiter et vous faites l’effort de prendre des notes soit vous êtes trop crevé en espérant vous en souvenir au petit matin. PAr la suite, je fais un proto plus conséquent, en récupérant des images sur le net, et je bidouille sur InDesign et Illustrator. »

6. Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un souhaitant créer un jeu ?

« Surtout, je parle pour les jeunes, avoir un revenu régulier qui permet d’avoir l’esprit tranquille. Car un jeu, s’il marche, vous permettra au mieux dans la plupart des cas, de vous payer un week-end ou peut être des vacances. Sinon, je conseillerai de créer plusieurs jeux et de les faire tourner dans les conventions, de les tester dans tous les sens des centaines de fois. Ceci, afin d’avoir le maximum de retours et d’arriver avec un produit conséquent auprès des éditeurs. »

7. Pourriez-vous nous donner une petite information sur votre prochain projet ?

« En fait, j’ai plusieurs projets en cours voire certains qui se finalisent, un jeu de plateau que j’ai déjà présenté avec les Editions Volumiques, 2 jeux hybrides dont on a reçus des subventions CNC, un party game, un Jeu de Rôle tiré d’une licence et la réédition d’un vieux JDR, entre autres choses. »

Merci Farid de propager la « bonne nouvelle » du jeu et d’avoir répondu aux 7 questions.

Voici quelque liens pour en savoir plus sur Farid dont un lien sur les emissions de WebTV sur les jeux : http://www.dailymotion.com/fr/relevance/search/gamestars/1

Un papier pour le vice-président américain sur la violence dans les jeux : http://www.gaite-lyrique.net/gaitelive/la-violence-dans-les-jeux-vs-les-violences-dans-le-interview

et enfin une vidéo sur l’avenir des jeux de société : http://gamelier.org/farid-ben-salem-on-the-future-of-tangible-games/

Spellshot