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7 questions à Philippe Keyaerts

Philippe Keyaerts
Philippe Keyaerts

Dans le monde du jeu moderne, il y a un jeu sorti en 2009 qui reste toujours un grand succés auprès de beaucoup de joueurs au mème titre que Carcasonne, ou Les Aventuriers du Rail. Il sagit de Small World édité par Days of Wonder et illustré par Miguel Combria. 

Malgré son titre en Anglais, Small World et ses extensions ont été créés par un Francophone Belge: Philippe Keyaerts.

Philippe est connu également pour d’autre jeux comme Evo, Olympos, Vinci et plus recement Twin Tin Bots un jeu où vous programmez des robots afin de récolter des minéraux.

J’ai eu la chance de rencontrer et de jouer avec Philippe lors du LudiNord 2014.

Ce père de famille, qui vit à Bruxelles, est professeur de mathematiques et cela se ressent lorsqu’on joue avec lui, son analyze des possibilités l’a fait gagner à chaque fois! Mais ce fut un plaisir de perdre contre lui et de le voir jouer.

Voici donc les 7 questions à Philippe Keyaerts.

1.    Quel âge aviez-vous lorsque vous avez joué à votre premier jeu de société et qu’était-il ?

J’ai un vague souvenir d’un jeu de l’oie à l’ancienne (avec des oies), chez mon grand-père. Je devais avoir trois ans.

2.    Pourquoi et comment avez-vous décidé de créer des jeux?

C’est venu assez naturellement. Je joue énormément et j’ai tendance à analyser un jeu, ses mécanismes, l’agencement général. De temps en temps arrive l’envie d’un jeu qui n’existe pas et un jour on saute le pas.

3.    Quel sont vos 3 jeux de société favoris et pourquoi ?

Puerto Rico pour son rythme, l’agencement élégant de ses mécanismes – un chef d’œuvre.

Acquire, le grand ancêtre, qui possède déjà toutes les qualités d’un jeu moderne.

Imperial, pour son mélange assez unique de bourse et de diplomatie.

Il y en aurait d’autres. J’ai choisi trois classiques auxquels je joue encore volontiers. Mais j’ai également beaucoup pratiqué les Échecs, Catane, Full Métal Planète, Citadelle

4. Pour vous quelle est la meilleure combinaison pour un jeu à succès ?

 Star Wars, plein figurines et le logo du Spiel J.

Je ne crois pas qu’il faut raisonner en terme de succès. Un bestseller est en général un jeu avec un public large. Mais il existe des jeux de niche qui sont très bien construits. Pour un auteur, le succès c’est quand on a réussi à aller au bout de son idée, quand on se dit qu’on peut difficilement faire mieux (ça n’arrive jamais).

5. Comment procédez pour créer un jeu ?

 Il n’y a pas de recette, mais peut-être des étapes.

Ça se passe d’abord dans la tête, je joue avec une envie, une vague idée.

Puis je commence à prendre des notes, éventuellement à manipuler quelques pièces. Pas un proto complet, mais quelques traits sur une feuille, une poignée de pion, quelques cartes. Ça permet de tester un mécanisme, mais surtout de voir si l’idée à du corps ou si ce n’est que de la fumée, qui va se dissiper comme les rêves au réveil.

Tant que je n’ai pas de règles complètes, je joue seul. C’est seulement quand je ne vois plus de défaut que je réuni le premier groupe de test.

Puis c’est le cycle test-modifications, qui peut prendre encore beaucoup de temps.

6. Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un souhaitant créer un jeu ?

S’y mettre. On peut rêver d’un jeu tant qu’on veut, tant qu’on n’a pas mis la main à la pâte on n’a rien. Après tout, on n’a rien à perdre, à part du temps.

La ligne directrice, c’est le plaisir des joueurs. Tout le reste est secondaire : le thème, l’élégance des mécanismes, même leur originalité. C’est aussi un bon test. Est-ce que mon jeu me plaît ? Si oui, il est temps de le montrer à d’autres, si non, ce n’est pas une raison pour l’abandonner, mais il faut le remettre sur l’établi.

7.    Pourriez-vous nous donner une petite information sur votre prochain projet ?

J’ai toujours plusieurs prototype à différents stades de développement. Mais je ne sais jamais quand, ni même si, ils sortiront.

Merci Philippe pour ces réponses et pour plus d’infos sur les jeux de Philippe: http://boardgamegeek.com/boardgamedesigner/49/philippe-keyaerts

7 questions à Frédéric Delporte

Frédéric Delporte
Frédéric Delporte

 

Pendant mes visites dans les differents evenements ludiques comme Spielwarenmesse a Nuremberg, Le festival international du jeu a Cannes ou encore Ludinord a Lille, j’ai eu la chance de rencrontrer beaucoup de personnes du monde du jeu et en particulier un duo belge tres sympathique: Etienne Espreman et Frederic Delporte.

Ces deux comperes faisaient tourner un proto sur le theme du fameux salon d’Essen en Allemagne. La Meca du jeu en Europe.

Etienne, le createur de Bruxelles 1983 a deja repondu aux 7 questions  et c’est donc au tour de Frederic de repondre.

En petit rappel, Essen the Game ne sera disponible que sur Kickstarter!! Alors depechez-vous avant qu’il ne soit trop tard car en plus votre serviteur ce trouve sur la boite !!

1. Quel âge aviez-vous lorsque vous avez joué à votre premier jeu de société et qu’était-il ?

De mémoire, la première fois que j’ai dévié du jeu traditionnel, je devais avoir 13 ans. C’était en fin d’année scolaire. Un club de jeu (OST – L’Ordre des Simulateurs Tournaisiens) est venu à l’école pour présenter ses activités à savoir une journée hebdomadaire dédiée aux jeux de plateau et aux jeux de rôles. Lors de cette première rencontre j’ai découvert Talisman et D&D. Ce fut le coup de foudre. Résultat, 27 ans plus tard, me voilà en train de créer mon premier jeu.

2. Pourquoi et comment avez-vous décidé de créer des jeux de sociétés ?

Tout a débuté en 2010 par un délire lors du salon d’Essen. A un moment j’ai lancé en l’air l’idée d’un jeu sur le Spiel et durant les jours qui ont suivi, au fur et à mesure du salon, on transposait tout ce qu’on faisait en action de jeu. Puis on est rentré à Bruxelles et l’idée est tombée aux oubliettes. L’idée est revenue systématiquement lors des Spiel 2011 et 2012 mais n’est jamais allée plus loin. Le déclencheur fut la signature du contrat d’Etienne pour Bruxelles 1893 avec Pearl Games. Deux fois par an, j’organise avec mon association un week-end jeux pour une quarantaine d’amis. Lors du week-end de mai 2013, Etienne m’a annoncé tout heureux qu’il venait de signer son contrat. Et là je me suis dit, pourquoi pas moi. Sur le trajet du retour j’ai expliqué à Etienne mon idée, qui à l’époque était plus un thème qu’une mécanique. L’idée l’a séduit, on s’est donné RDV dans la semaine qui a suivi et nous voilà un an plus tard avec ESSEN The game, prêt pour le lancement de notre première campagne Kickstarter.

3. Quel sont vos 3 jeux de société favoris et pourquoi ?

Faut bien avouer que ça dépend du moment et des personnes avec lesquelles je joue mais s’il faut en donner trois, mon tiercé serait Agricola, Terra Mystica et Last Will. En numéro complémentaire je mettrai Looping Louis … que de folles nuits de plaisirs, rien de tel pour finir une soirée après des jeux bien lourds.

4. Pour vous quelle est la meilleure combinaison pour un jeu à succès ?

Le thème, la rejouabilité et le plaisir de jeu. J’aime aussi quand çà bouscule les neurones .

5. Comment avez-vous procédez pour créer un jeu ?

ESSEN The Game est mon premier développement de jeu donc je n’ai pas beaucoup de recul pour en parler. Dans ce cas bien précis, le fil conducteur du développement a été le thème. Nous avons adapté les mécanismes pour rendre l’expérience du Spiel la plus réaliste possible. Au début on a intégré toutes les idées et anecdotes, tant les nôtres que celles des nombreux testeurs de ce jeux. Le résultat était une usine à gaz, le jeu se jouait en près de 3 heures. Puis progressivement nous avons élagué tout en gardant le cœur du jeu pour l’amener à sa taille actuelle de bonzaï. Un jeu mécaniquement simple mais où de vrais choix stratégiques s’offrent aux joueurs. ESSEN The Game est un des jeux les plus thématiques que je connaisse.

6. Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un souhaitant créer un jeu ?

En vrac : écoutez les autres mais restez fidèle à votre projet, ne pas s’accrocher trop vite aux apparentes bonnes idées, beaucoup de persévérance, un esprit critique, ne pas gardez le prototype trop longtemps en circuit fermé (rien de tel que l’avis éclairé d’une personne que vous ne connaissez pas) … et la liste pourrait être longue mais je vais moi-même devoir digérer cette année de développement pour en tirer des enseignements et trouver une méthodologie de travail.

7. Pourriez-vous nous donner une petite information sur votre prochain projet ?

A ce stade c’est trop tôt pour parler de projets concrets mais on a dans le tiroir un jeu de carte, un jeu sur un thème médiéval fantastique, la mécanique initial d’ESSEN The Game que nous aimerions adapter car très prometteuse, la version 2014 du Spiel … Que du plaisir en perspectif.

Merci Frederic pour avoir repondu aux 7 questions. Pour en savoir plus sur Essen the Game: https://www.facebook.com/ESSEN.the.game

Et voici le lien du Kickaster pour vous procurer ce jeu! https://www.kickstarter.com/projects/670498880/essen-the-game

Essen the Game
Essen the Game

 

7 questions à Etienne Espreman

 

Etienne Espreman

La Bière, les gauffres, le Manneken Pis, le palais Royal nous sommes à Bruxelles la capitale de la Belgique. Bruxelles est la ville ou vit la personne qui va répondre aux 7 questions : Etienne Espreman.

Etienne qui est originaire de Liège, travaille à la maison de Justice à Bruxelles et il est le créateur de Bruxelles 1893 édité par Pearl Games et illustré par Alexandre Roche. Bruxelles 1893 est un jeu de placement d’ouvriers dans le Bruxelles des arts nouveaux. Ce jeu a été nominé pour l’As d’Or de Cannes 2014 et il a reçu Legrand Prix.

Etienne est également le co-créateur avec Frédéric Delporte et Fabrice Beghin de Essen the Game, un jeu qui sortira prochainement sur le thème du salon d’Essen ou vous devrez gérer votre budget et votre liste de jeux favoris pour acheter ces jeux afin de gagner la partie. Essen the Game a reçu ce weekend le prix du meilleur prototype 2014 à LudiNord ! Et j’y étais !

Voici les 7 questions à Etienne Espreman.

1- Quel âge aviez-vous lorsque vous avez joué à votre premier jeu de société et qu’était-il ?

« Bonjour tout le monde.
Je ne saurais dire le nom de ce jeu mais je me souviens que, j’avais à peine 5 ou 6 ans, une de mes tantes, chez qui j’allais passer mes vacances en Ardennes, avait un jeu dont le plateau représentait un parcours à travers des forêts et des montagnes. Chaque joueur était un chasseur et, sur le parcours, il fallait chasser des animaux (à coups de dés) et rentrer le plus vite possible au point de départ.
Sinon, je me souviens surtout de Monopoly, La Bonne Paie, Destin, Cluedo, Stratego,… sans oublier « Attrape-Souris » ! J’ai d’ailleurs toujours aimé attraper les souris. 😉 »

2- Pourquoi et comment avez-vous décidé de créer des jeux de sociétés ?

« En y repensant, c’est à peu près au même âge (vers 6 ou 7 ans) que j’ai fait mon premier proto. Enfin, quand je parle de « proto », entendons-nous bien ! J’ai reçu quelques coureurs cyclistes en métal (paraît que c’est collector maintenant ces choses-là !) et je ne savais pas trop quoi faire avec. Alors, j’ai pris un vieux carton et dessiner un parcours. Pour mon âge, c’était déjà élaboré car je me rappelle avoir dessiné de larges routes (où plusieurs cyclistes pouvaient tenir côte à côte), des cols (rétrécissement du parcours), et même des descentes et des montées. Ils avançaient à coups de jets de dés (et les dés faisaient +1 dans les descentes et -1 dans les montées). On était quand même bien loin de Leader One.

En ce qui concerne « Bruxelles 1893« , il y avait longtemps que je voulais faire un jeu sur Bruxelles. Me manquait juste le thème. Et c’est en regardant une émission sur l’Art Nouveau que l’inspiration m’est venue.
A vrai dire, à l’époque, j’ai eu deux idées de jeu sur Bruxelles. L’autre concernait la reconstruction de la Grand’Place après le bombardement de la ville par les troupes de Louis XIV en 1695. Toujours une histoire de construction donc mais avec une mécanique tout à fait différente, que je trouvais originale à l’époque mais beaucoup moins maintenant… puisqu’il s’agit d’un empilement de dés, comme dans Blue Prints. Ceci dit, à part ça, il semble que ce dernier ne ressemble en rien à « Bruxelles 1696 » (c’est ainsi que je l’avais baptisé). A voir…

Quant au « pourquoi »… allez savoir. Pour ma part, il n’y a eu aucun objectif secret. Je suppose que c’est une phase naturelle lorsqu’on est passionné de jeux et qu’on a tout à coup une idée… »

3- Quels sont vos 3 jeux de société favoris et pourquoi ?

« Difficile d’en sortir 3. Ca varie en fonction de mes envies. J’adore Railroad Tycoon, pour moi le meilleur jeu de train, surtout à cause du matériel et de cet immense plateau qui plonge le joueur en plein western. Je le trouve thématique à souhait.
En général, je suis fort attaché aux thèmes forts. Ce qui ne m’empêche pas d’aimer les autres aussi. Dans la cuvée 2013, j’aime beaucoup Russian Railroads, Nations et Rokoko. Oui, je suis plutôt eruogames. »

4- Pour vous quel est la meilleure combinaison pour un jeu à succès ?

« Il faut d’abord définir le mot « succès ». En termes de jeu, c’est quoi le succès ? Un jeu vendu en millions d’exemplaires ? Un jeu primé à l’As d’Or (;-)) ? Personnellement, je pense qu’un jeu à succès est un jeu qui, avec le temps, devient un classique… même s’il n’est pas distribué en masse.

Je dirais donc que c’est un jeu qui doit « accrocher », par son thème ou sa mécanique, mais qui doit aussi susciter l’envie d’y revenir, en créant le sentiment que, malgré la xième partie, on n’en a pas encore fait le tour et que, la prochaine fois, on essaiera de l’aborder sous un angle différent.

Enfin, et surtout, il faut également avoir la chance de rencontrer le bon éditeur. Car l’idée, la plus géniale soit-elle, n’est rien si elle n’est pas exploitée au mieux. Si « Bruxelles 1893 » est ce qu’il est, c’est grâce à Sébastien Dujardin (Pearl Games). Le travail éditorial qu’il a effectué est exceptionnel, tant au niveau des idées qu’il a apportées qu’au choix de l’illustrateur. J’ai toujours aimé ses jeux et je ne voyais personne d’autre pour éditer « Bruxelles ». Merci à lui. »

5- Comment procédez pour créer un jeu ?

« Je pense qu’il n’ y a pas de recette miracle et que ça tient surtout à la personnalité de chacun. Personnellement, j’avoue être un indécrottable adepte de la procrastination. Pour « Bruxelles », par exemple, ça m’a pris des mois de réflexion avant de commencer à matérialiser mon premier proto. Le jeu , pratiquement tel qu’il est aujourd’hui dans sa mécanique générale, existait depuis longtemps dans ma tête avant que je ne me mette à l’ouvrage.

Pour « Essen the Game« , que je fais avec deux amis, il en va tout autrement. J’ai à peine le temps d’émettre une idée ou une suggestion, que Frédéric et Fabrice la matérialisent et qu’on peut déjà la tester le lendemain ! De vrais acharnés ces deux-là ! 😉
Faut reconnaitre que ça fait vachement avancer le schmilblick. Et puis, à trois, c’est quand même beaucoup plus facile (surtout pour les tests ! 😉 ) »

6- Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un souhaitant créer un jeu de société ?

« Là encore, pas de recette miracle ! Il faut d’abord être passionné. Il faut savoir se remettre en question et ne pas craindre la critique, positive ou négative, car c’est elle qui fait avancer les choses. »

7- Pourriez-vous nous donner une petite information sur votre prochain projet ?

« Je travaille sur une extension de « Bruxelles 1893« . je l’ai déjà fait tourner maintes fois et j’en suis assez content. Mais ce n’est encore qu’un projet.

Je travaille également sur un jeu, avec les deux amis précités, dont le thème n’est autre que le célèbre salon du jeu de ESSEN. Cette idée a germé lors d’un weekend-jeu organisé par Frédéric et, comme on n’en est pas à une folie près, on a décidé de le pousser un peu. On a alors demandé à des dizaines d’éditeurs si l’on pourrait utiliser leur logo sur le plateau et tous ont dit « oui ». Ce fut très motivant pour nous. C’est très sympa de voir que le milieu du jeu de société n’est pas un milieu corrompu par l’esprit de concurrence ou de méfiance.
Comme je l’expliquais, à trois, on travaille beaucoup plus vite que seul et « Essen » a fortement évolué au cours des dernières semaines.
On a simplifié la mécanique au maximum pour ne garder que le substrat et je peux aujourd’hui affirmer qu’il tourne comme une horloge suisse. En ce qui concerne le thème, le moins que l’on puisse dire est qu’il est rendu à 100%.C’est un jeu où il faut acheter d’autres jeux. Et, croyez-moi, plus vous en achetez, plus vous vous sentez encombré !

On pense l’éditer nous-même via un crownd funding pour deux raisons. D’abord parce qu’on a envie de pousser l’aventure jusqu’au bout entre potes. Ensuite, parce que ce jeu présente 60 éditeurs, de tous gabarits et de tous pays, et on préfère garder une certaine neutralité vis-à-vis de chacun.

Merci Etienne pour avoir répondu aux 7 questions. On attend avec impatience la sortie d’Essen the Game.Pour plus de renseignements, vous pouvez les suivre sur: https://www.facebook.com/ESSEN.the.game?ref=br_tf

Bruxelles 1893